Pourquoi prier pour son pays

 
Prière pour la Patrie affichée dans une église de Buenos Aires. Une vision banale en Amérique latine.
 
La personne humaine est faite pour aimer Dieu à travers son prochain, là où elle vit.
Notre pays est la fraction de la Création où nous vivons.
Il faut donc prendre soin de ce que Dieu nous donne.
Notre pays est le lieu où nous devons accomplir ce qui fait le chrétien, le plus important des commandements, celui qui contient tous les autres : aimer notre prochain.
Quel sens cela aurait-il de déclarer aimer les peuples du bout du monde, que nous ne voyons pas, si nous n'aimons pas d'abord celui que nous voyons tous les jours, au sein duquel nous vivons ?
Notre vie chrétienne commence où nous sommes.
Si notre pays nous déçoit, il faut l'aimer d'autant plus car Dieu nous a d'autant plus montré son amour en venant nous sauver que nous étions esclaves du péché.
Aimer la France quand elle est glorieuse et les Français uniquement quand ils sont saints n'a aucun intérêt : "si vous aimez vos amis, quel mérite avez-vous ?"
"Aimer" quelqu'un, c'est lui vouloir du bien.
Notre pays est ce que nous en faisons et l'on n'aime pas son pays si l'on n'aime pas son peuple.
"Aimer la France", c'est aimer les Français. Vouloir le bien des Français c'est vouloir qu'ils rencontrent Dieu dans leur cœur, qu'ils ne se croient plus seuls, abandonnés. C'est cela la Bonne Nouvelle : Dieu est notre père, il nous aime et nous veut avec lui.
« Vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en vous »
écrivait saint Augustin, et nous voudrions laisser nos frères et sœurs humains dans cette inquiétude ?
"Malheur à moi si je n'annonçais pas l’Évangile !" dit saint Paul.
Prier pour son pays ce n'est pas prier pour sa gloriole humaine mais prier pour que les gens qui nous entourent vivent selon la volonté de leur Père qui est au Cieux, chacun selon ce qu'il est, afin que leur ensemble, qui forme notre nation, joue un rôle chrétien dans le monde qui en a tant besoin.
Le monde n'est pas chrétien parce que les chrétiens en sont absents. D
ans la mesure où "être chrétien" signifie "aimer son prochain", l'absence des chrétiens dans un pays, dans le monde signifie un pays, un monde où l'on ne s'aime pas.
Le "péché du monde", c'est le péché de chacun. Un "péché de la France" ne peut être que le péché de chaque Français.
A L'Ile Bouchard, la prière pour la France et celle pour les familles sont liées. Car la nation est la famille élargie et parce que la famille est le noyau de la société, "l'église domestique". Par analogie, on peut dire que la nation est à l'humanité, ce que la famille est à la nation.
La conversion de chacun entraîne la conversion de ceux qui vivent à ses côtés, dans son pays, puis la conversion du monde.
Folie ? aux yeux des hommes oui. Cela n'empêche qu'au départ ils n'était que douze entourant Jésus.

 L'amour de son pays est un amour de préférence qui n'exclut pas l'amour des autres pays du monde :

"Je tiens de ma patrie un cœur qui la déborde et plus je suis français, plus je me sens humain" 
René Cassin, père de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

 

Un pèlerinage pour prier pour son pays
Le pèlerinage est une démarche de conversion filiale où le corps joue son rôle.
Le pèlerinage symbolise la plénitude retrouvée par le chrétien conscient qu'il est une personne humaine et donc enfant de Dieu, cœur, corps, esprits, "personne" et non plus "individu" : membre d'une famille, membre d'un peuple, membre du peuple de Dieu.
Nous sommes enfants de Dieu, c'est un fait. Vivons-nous comme tels ? Pour ne pas mentir, le chrétien doit régulièrement prendre les moyens de conversion que sont les sacrements, la prière, la messe, la lecture des Ecritures et pratiquer les commandements.
Aucun pèlerinage ne remplace le moindre sacrement. Mille pèlerinages ne valent pas une seule confession.
Mais cela n'empêche qu'un pèlerinage est un moyen humain, "un facilitateur psychologique" pour nous aider à comprendre la progression de la vie chrétienne, la nécessité de la tourner vers Dieu, d'avancer dans la prière, de s'aider de ce que Dieu nous donne, comme la beauté de la nature qui aide à entrevoir la splendeur divine, comme l'amitié et la prière de nos compagnons de pèlerinages qui prient pour nous ; c'est un moyen où l'âme et le corps, où les pèlerins sont unis dans le même but spirituel.
Le pèlerinage est une prière publique, de même que la prière pour son pays est une prière commune. Le pèlerinage semble donc un moyen approprié pour une telle prière car on n'évangélise pas en restant dans sa chambre.
 
Prier pour son pays...
A vrai dire, il n'y a que les Français que cela suprend. Dans tous les pays du monde, il y a des prières, des messes, des neuvaines... En France on n'a plus ce réflexe. Quand on ne prie plus pour soi c'est qu'on ne s'aime plus.
 

 Messe pour la Colombie célébrée à la demande de chauffeurs d'autobus, dans une gare routière sur la route d'Antioquia. 
 
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