Pourquoi un pèlerinage

Le pèlerinage, une vieille tradition de l’Église.
  • Image de la marche du peuple hébreu vers la Terre Promise, le pèlerinage symbolise celui de notre vie terrestre vers le Ciel, notre patrie véritable.
  • Image de la progression pas à pas de l'âme vers son Créateur, le pèlerinage est une démarche de conversion spirituelle posée par l'acte de partir marcher vers un lieu de prière. Une démarche de conversion spirituelle : on part donc en pèlerinage pour changer. La conversion n'est pas le rejet de soi mais au contraire du péché qui nous défigure et des erreurs qui en sont le fruit et nous égarent. Par conséquent, la conversion est le retour vers Dieu notre père, une réconciliation de la créature avec son créateur aimant, à la lumière duquel, la créature peut voir qui elle est vraiment : personne humaine, corps, cœur et esprit, enfant de Dieu, appelé à la sainteté par le développement de ses talents, membre d'une famille et d'une paroisse, citoyen d'un pays... Nous sommes tout cela et Dieu nous demande de nous aimer nous-même. Comme on n'aime que ce qu'on connaît, Dieu nous invite à connaître toutes les facettes qui nous façonnent, tous les talents qu'il nous a donnés, à découvrir comment les faire fructifier, bref à trouver à quoi nous sommes appelés (la "vocation") dans le monde où nous vivons en commençant par le pays où nous sommes.

Image du retour de l'enfant prodigue vers son père, le pèlerinage marque le besoin de Dieu qu'a l'Humanité, comme un enfant a besoin de son Père. C'est parce que Dieu est notre Père que nous sommes tous frères et sœurs. Une fraternité humaine conçue sans la foi en Dieu n'est qu'un sentiment, un humanisme vague qui ne résiste d'ailleurs pas aux épreuves...Nous ne sommes pas des "individus" qui vivent seuls mais des "personnes", dotées par Dieu de talents, de "personnalités" diverses pour qu'ils jouent un rôle dans la famille humaine, pour qu'ils soient les membres d'un seul corps dont le Christ est la tête. On n'aime pas Dieu tout seul, et Lui seul sans aimer les autres. La personne épanouit les talents que Dieu lui a donné grâce à une famille puis au sein de la nation "prolongement de la personne humaine". 

"Il n'est pas bon pour l'Homme de vivre seul"  : si la solitude n'est pas bonne pour l'Homme, cela ne peut l'être pour le chrétien véritable qui est "l'Homme épanoui". On ne prie donc pas comme si l'on était seul, né de soi-même et ne devant rien à qui que ce soit : famille, pays, culture, époque, passé... Redevenir soi-même par la conversion c'est se tourner vers Dieu notre Père pour mieux aimer ses autres enfants, nos frères et sœurs. Ce n'est pas négociable.

Comments