Patriote car catholique contre nationaliste, internationaliste, "xénolâtre", individualiste, ou nostalgique

    • Le patriote
    On aime la famille où l'on est né. Ce n'est pas un rejet des autres familles mais un amour de préférence. On aime sa famille sans l'avoir choisie mais en l'ayant reçue. C'est naturel et paisible.
    De même, le patriote aime son pays d'un amour de préférence par rapport aux autres pays. Son amour pour son pays est mis en perspective de l'amour de tous les autres pays puisque Dieu est père de tous les peuples. Il est naturel et paisible d'aimer le pays où l'on est né.
    La "patrie" c'est ce qui nous vient de "nos pères" à commencer par "notre Père".

    La patrie est reçue.

    Reçue de nos parents, de nos ancêtres. Nous sommes les maillons d'une chaîne et pas le centre du monde et de l'Histoire comme le font croire l'individualisme et le nationalisme.

    Les nations sont l'élargissement de la famille, noyau de la société, elles sont fondées sur une culture commune. Tout cela est paisible, familial et culturel.

    Les malheurs du monde sont le résultat du rejet ou de l'oubli que nous sommes tous enfants du Père.

    Le patriotisme est évidemment possible au non-croyant qui, s'il ne connaît pas la Vérité, n'en constate pas moins la réalité de notre appartenance commune à l'Humanité et la nécessité de faire le bien où l'on est. C'est un sentiment naturel qui peut être le chemin vers la foi : "si je ressens la fraternité humaine, n'est-ce pas le signe que nous avons tous un père ?"

    • Le nationaliste

    Alors que le patriotisme est un élargissement de l'amour familial, le nationalisme est un élargissement de l'individualisme.

    Le nationalisme ne voit pas un pays comme un don mais comme une source de préséance.

    Le nationalisme est le fruit de la déchristianisation commencée à la fin du XVIIIe siècle. Il résulte de la coupure de la vision de Dieu père de tous : alors, il ne reste plus que l'individu et si l'intérêt le commande, son groupe. 

    L'individualisme est le fruit de la philosophie des Lumières et repose sur le rejet (athéisme) ou l'éloignement (déisme) de Dieu et donc de sa paternité. 
    -L'athéisme invoque sans cesse la fraternité humaine mais concrètement, il la rend inopérante par son rejet de Dieu Père de tous les hommes.
    -Avec Voltaire, Dieu existe mais ne s'intéresse pas à l'Humanité. Ce n'est donc pas un Dieu-père, un Dieu qui intervient pour sauver les hommes. 
    Individualiste, Voltaire n'a jamais de mots assez méprisants pour parler du peuple car il est incapable d'une vision communautaire de l'existence humaine. 
    -Rousseau rejette Dieu et attribue le pouvoir de définir le bien et le mal au groupe, "la nation" qu'il voit comme une masse dont est sensé émaner une volonté générale qui doit décider de tout : aucun rapport donc avec les "nations" dont parlent les Écritures

    Préparé par l'individualisme, le nationalisme est un sous-produit idéologique des Lumières. 
    • L'internationaliste

    considère l'amour de son pays comme un danger de séparation des hommes. Il croit aimer tout le monde mais en fait, il ne ressent aucune affection précise car étant internationaliste, il ne peut se fixer nulle part. C'est un Don Juan des nations : il papillonne. Il dit aimer les peuples du bout du monde qu'il n'a jamais rencontrés mais se méfie d'aimer son peuple. 

     
     L'internationalisme prétend résoudre la haine entre nations en promouvant la haine entre classes sociales.
    • Le "Xénolâtre"

    "Xénolâtre" est un néologisme par lequel on peut désigner celui qui encense tous les peuples du monde mais dénigre sans cesse le sien. Il est persuadé de faire preuve d'indépendance d'esprit en haïssant ce qui l'a fait tel qu'il est.

    De même que le nationaliste n'aime pas son pays mais méprise les autres, le "xénolâtre" n'aime pas les autres pays mais déteste le sien. Il est prêt à croire tout le mal qu'il entendra dire de son peuple, de sa culture.

    Il ne sera heureux que lorsqu'il sera réconcilié avec lui-même et donc avec cette facette de sa personne : son peuple, qu'il doit apprendre à aimer tel qu'il est au lieu de haïr ce qu'il s'en imagine.

    • L'individualiste

    Pur produit du rejet de toute contrainte, l'individualiste est le fruit des conceptions totalement matérialistes et relativistes auxquelles l'influence culturelle du marxisme et l'application quotidienne du libéralisme ont préparé les esprits depuis des décennies.

    Les Lumières puis le Marxisme puis le Maoïsme puis l'esprit libertaire de 68 ont torpillé, en leurs temps, la foi en Dieu-père, puis l'idée de communauté nationale, puis celle de famille, de culture en les présentant comme des sources d'inégalités. Toutes ces idéologies se retrouvent sur un point : la destruction des liens et des points de repères. 

    Dieu renvoyé au rôle de grand horloger lointain, à l'Homme échoit le rôle de décideur -à la majorité ou à l'évolution des événements- du bien et du mal.

    Les Etats, les lois, les appartenances à la famille, à un peuple, au couple étant vus comme des entraves au désir individuel, l'individualisme pousse à leur suppression.

    L'esprit libertaire est l'aboutissement naturel du libéralisme (huer l'un en louant l'autre est une folie), il applique à l'homme les règles que le libéralisme économique impose aux denrées : "laissez-faire".

    L'individualiste applique aux relations humaines les règles de la société de consommation.

    Aujourd'hui, on est arrivé au bout de cette logique où il n'y a rien de stable, de tangible, où tout dépend du choix de l'individu, puisque même la différence sexuée des personnes, donc l'identité humaine est considérée comme subjective.

    L'individualiste se croit libre mais il suit les événements : par exemple, pour lui la hausse des divorces, des concubinages, des séparations relativise l'idée de famille. Il ne parle jamais de "vertu" mais n'a que le mot "valeurs" à la bouche.

    L'engagement envers autrui n'est pour lui qu'un CDD qui dure le temps de l'intérêt qu'il présente. 

    On lui a inculqué l'idée que l'engagement est une perte de liberté alors que c'en est le signe. L'individualiste est comme un automobiliste qui tourne éternellement autour d'un rond-point par peur de s'engager dans une rue !

    Or, comme l'Homme n'est pas fait pour vivre seul, il est fait pour s'engager et l'individualiste souffre inconsciemment de cette vie d'électron libre. Il ne cesse alors de se demander à quoi il sert.

    Plus de Dieu le père, plus de fraternité humaine, plus de nation, plus de famille et quant à la personne, elle s'efface devant l'individu qui suit ses pulsions : plus de couple stable, ni d'homme ni femme mais des tendances sexuelles.

    L'individualiste est souvent un ultra-sensible qui a grandi avec l'impression de ne compter pour rien. Mendiant d'amour, il multiplie les relations sans rien approfondir. 

    • Le nostalgique

    Le nostalgique rêve que la France redevienne une grande puissance politique, et culturelle, la France du Grand Siècle de Louis XIV, le pays de saint Louis...

    Ces rêves sont beaux mais on n'est pas jugé sur ses rêves mais sur l'amour donné et le but d'un peuple n'est pas de reproduire le passé mais de se développer. Il y a aujourd'hui dans la société un courant "jeuniste" : le refus de son âge, le désir de prolonger la jeunesse au lieu de vivre en développant ce qu'on est à son âge. Selon le jeunisme, le bonheur est de redevenir jeune en en ré-adoptant l'attitude. Le Nostalgique commet la même erreur "jeuniste" en ce qui concerne son pays.

    De plus, le nostalgique s'illusionne autant sur le passé de son pays que sur les problèmes de la France. Le problème de notre pays n'est pas sa décadence politique et culturelle ; celle-ci n'est que la conséquence de la crise morale née du rejet de la foi et de l'acceptation passive qui en a été faite pendant trop longtemps par les chrétiens sous prétexte de ne pas déranger. Le sel s'est affadi.

    Quand on ne croit plus en Dieu, la pierre angulaire de l'univers devient l'Homme. Hélas l'Homme est pécheur et n'est pas omniscient... Les Français y ont cru et se sont déifiés eux-mêmes jusqu'au jour où la réalité les a rattrapés. Comme le dieu qu'ils s'étaient fait s'est effondré, ils doutent de leur légitimité, de leur personnalité, ne créent plus ou cent fois moins.

    "La terre est maudite à cause de toi" dit Yavhé à Adam. Si la France a rejeté le Dieu d'Amour, comment pourrait-elle bien aller ?

    Le problème du monde, c'est le péché, pas la perte de prestige de la France. Le péché du monde, c'est le péché de chacun, chacun en est donc responsable personnellement pour sa part. A l'inverse, chacun pour sa part peut aussi amener le monde à la conversion par la sienne propre.

    De même que Dieu ne désigne pas les futurs époux mais laisse la personne libre dans la fondation de sa famille pour en faire une "petite église domestique" comme le dit la Doctrine Sociale de l'Eglise , Dieu n'a pas créé les nations, les hommes les ont construites.

    A charge pour eux de faire de leurs nations des foyers de rayonnement chrétien, des élargissements des églises domestiques.

    On pourrait résumer en disant que de même que la famille est destinée à être une église domestique, la nation est destinée à être une "église populaire" (en insistant sur le 'de même que') au sein de la grande église humaine fondée par le Christ.

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